La ville gallo-romaine

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Le développement du réseau urbain 

Durant les quatre décennies qui précèdent notre ère, l’agglomération connaît une nette expansion : de nouveaux quartiers voient le jour et l’habitat se densifie. L’architecture privée évolue lentement. Elle conserve cependant un faciès indigène très marqué par l’utilisation majoritaire de matériaux périssables (bois, torchis).

Au centre de l’agglomération, le sanctuaire urbain subit d’importantes transformations. Le temple est reconstruit en pierre. Face à son entrée principale, un bâtiment rectangulaire ouvert reçoit un étonnant décor sculpté composé de têtes négroïdes massacrées et de guerriers gaulois.

Les deux accès fortifiés aux extrémités est et ouest de l’oppidum sont remaniés et intégrés dans de nouveaux dispositifs d’entrée qui conservent un caractère monumental. Ce souci de préservation contraste avec les transformations radicales qui touchent le centre de l’agglomération à partir du règne de Tibère (empereur de 14 à 37). Il pose la question de la conservation d’un héritage indigène hautement symbolique et du statut civique de l’agglomération d’Alésia dans l’organisation administrative romaine de la Gaule.

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La romanisation 

La ville se romanise de manière décisive dans les décennies qui suivent. Les fortifications héritées de la période gauloise semblent abandonnées. Le réseau viaire est régularisé autour du centre politique et religieux : les rues dessinent un quadrillage où s’insèrent des îlots d’habitation (insulae). Un centre monumental est progressivement organisé à l’est du sanctuaire principal autour d’un forum et d’une basilique civile tandis qu'un théâtre est construit à l’ouest.

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Le complexe monumental de la Croix-Saint-Charles 

Fouilles achéologiques, Croix-Saint-Charles, (c) PhM - SEM Alésia
En 2008, les universités de Bourgogne et de Paris 1 Panthéon-Sorbonne ont débuté des fouilles archéologiques à l’extrémité orientale du plateau, au lieu-dit de la Croix-Saint-Charles, pour mieux comprendre les découvertes réalisées en 1909-1911.

Occupé dès la période gauloise, cet espace était dédié à Moritasgus. Avec le passage à la période gallo-romaine, cette divinité prend le nom d’Apollon Moritasgus et le lieu de culte connaît un important développement. Un grand temple octogonal, appelé fanum, est construit au sein d’un vaste sanctuaire où les populations viennent remercier le dieu pour la guérison accordée. L’ensemble est précédé par un vaste portique, long de plus de 40m, qui sert au complexe religieux de façade monumentale, pour toute personne qui accède à l’oppidum depuis la pointe est. La source proche est associée au sanctuaire et aux cultes qui y sont pratiqués. Elle a également alimenté un vaste complexe thermal constitué de diverses salles (palestre, édicule à la déesse, caldarium, tepidarium...) offrant un parcours complet au baigneur.

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Le déclin 

Alésia a prospéré pendant deux siècles et demi. Elle amorce ensuite un lent déclin sous les effets de la crise économique et politique qui affecte l’Empire à partir de la fin du IIe-début du IIIe siècle. Les premières invasions germaniques touchent gravement la ville. Une première destruction intervient lors de l’invasion de 269 ; elle est suivie immédiatement d’une reconstruction systématique. Mais la grande invasion de 276 marque un tournant : plus destructrice, elle n’est pas suivie d’un programme de reconstruction à grande échelle. De nombreux quartiers sont abandonnés.
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De la contraction aux ruines 

L’agglomération se resserre peu à peu autour du centre monumental et des quartiers les plus proches, ne dépassant pas la surface qu’elle devait avoir à l’époque gauloise. La métallurgie du fer et du bronze, restée très prospère pendant toute l’occupation du site, disparaît. Le sanctuaire de Cybèle, longtemps très fréquenté, est saccagé vers 370.
Les premiers témoignages chrétiens, liés à sainte Reine datent de la même époque. Si quelques indices d’habitats datent encore du début du Ve siècle, il semble qu’à cette date Alésia soit déjà en ruines.
À l’époque mérovingienne, Alésia est mentionné comme chef-lieu de pagus (pays). Mais il faut sans doute situer son emplacement sous le village actuel d’Alise-Sainte-Reine.

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Après l’épisode du siège, la ville gauloise d’Alésia devient une véritable agglomération gallo-romaine. L’oppidum est occupé sans discontinuité, contrairement à de nombreux autres sites fortifiés de hauteur qui sont abandonnés à la faveur d'un site de plaine plus accessible. Si les raisons de ce choix nous échappent encore partiellement, elles trouvent probablement leur origine dans les principaux centres d'activité de la ville à la période gauloise. La fonction religieuse a notamment dû être un élément déterminant.