Des centaines de milliers d’objets archéologiques ont été découverts sur le site d’Alésia depuis le début du XIXe siècle. Depuis 2006, ces collections sont conservées par le Département de la Côte-d’Or.
Vous en découvrirez une sélection dans le nouveau parcours de visite permanent du musée, suivant l’évolution chronologique du site d’Alésia, du Néolithique à nos jours.

Célèbre pour la bataille de 52 avant J.-C., Alésia est aussi la capitale d’un peuple gaulois mal connu : les Mandubiens. Les fouilles menées au lieu-dit En Curiot de 1992 à 1997 ont mis en lumière la présence d’un habitat de hauteur fortifié (oppidum), caractérisé par les restes d’un rempart gaulois, constitué d’un assemblage de blocs de pierre et de poutres entrecroisées fixées par des fiches en fer de type murus gallicus. L’identité des Mandubiens s’exprime dans une céramique peinte décorée de motifs de grilles ou plus rarement de végétaux et dans l’émission d’une monnaie particulière : les potins « à tête d’Indien », longtemps attribués aux Sénons. La découverte d’une fibule inachevée suggère la présence d’un atelier de fabrication local. À l’extrémité est de l’oppidum, les prospections et fouilles du lieu-dit La Croix-Saint-Charles entre 2008 et 2018 ont révélé un lieu de rassemblement rituel gaulois, un « enclos à banquets » sur lequel se superpose, à l’époque impériale, le sanctuaire dédié au dieu Apollon Moritasgus.

L’essentiel des vestiges mobiliers se rapportant à l’épisode du siège de 52 avant J.-C. a été collecté au cours des recherches ordonnées par Napoléon III ; cet ensemble est aujourd’hui conservé au Musée d’archéologie nationale. Toutefois, un ensemble très représentatif est aussi conservé sur le site. Il est constitué à partir d’armes issues des fouilles imériales, provenant de l’ancien Musée municipal d’Alise-Sainte-Reine, du mobilier recueilli au cours des fouilles franco-allemandes (de Michel Reddé et Siegmar von Schnurbein) réalisées dans les années 1990 et d’un dépôt du Musée d’archéologie nationale.

Sous l’influence des échanges commerciaux et surtout après la conquête de Jules César, Alésia se romanise. Une statuaire exceptionnelle, d’importants ensembles de vaisselle en céramique sigillée et en céramique métallescente, des objets de luxe (objets en ivoire, miroirs, portrait « à la romaine »),  d’autres liés à l’artisanat du bronze et à la fabrication d’ornements de véhicules témoignent de la prospérité de la ville aux Ier, IIe et IIIe siècles de notre ère. La religion domestique (petite statuaire en pierre et en bronze, tables monopodes) et les ex-votos collectés sur le site du sanctuaire d’Apollon Moritasgus sont des temps forts de la collection. La présence de sources souterraines et de nombreux puits sur le site a permis la conservation exceptionnelle d’objets en bois : canalisations et bassins, seau, flûte de Pan). Le mobilier de cette époque, particulièrement abondant et varié, forme le cœur de la collection Musée de France.

Au Ve siècle, l’agglomération antique est abandonnée. Ultime jalon chronologique d’une longue occupation de l’oppidum alisien et berceau du culte de sainte Reine, appelé à rayonner dans toute l’Europe médiévale, la basilique Sainte-Reine se développe à partir d’un modeste édifice chrétien destiné à abriter les reliques de la sainte. Les fouilles menées entre 1985 et 1993 ont permis de reconstituer les états successifs de la basilique et de mettre au jour une nécropole mérovingienne au lieu-dit Les Champs de l’Eglise.

Alésia, c’est aujourd’hui plus que jamais, une image de marque et des traditions vivaces. La collection reflète cette complexité et s’enrichit, hormis l’archéologie, dans les domaines de l’ethnologie, du livre ancien et des beaux-arts suivant quatre axes d’acquisitions : l’image du Gaulois et le mythe des origines gauloises, le mythe d’Alésia, les éditions anciennes des Commentaires de la Guerre des Gaules et le culte local de sainte Reine dont le mystère est célébré chaque année.
Les archives des fouilles archéologiques menées sur le site depuis le XVIIIe siècle sont conservées à la Bibliothèque Alésia. En savoir plus…

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