Architecture

Une architecture remarquable
Le MuséoParc Alésia, conçu par Bernard Tschumi, architecte franco-suisse, incarne un dialogue puissant entre histoire et modernité. Son architecture circulaire symbolise l’encerclement des Gaulois par les troupes romaines, tout en s’ouvrant sur le paysage majestueux environnant. À la fois massif et léger, le bâtiment joue sur la dualité entre la stabilité de la civilisation gallo-romaine et le chaos de la guerre. La structure en résille de mélèze évoque les fortifications édifiées par César. La forme du bâtiment fait écho aux lignes de défense antiques tout en offrant un espace contemporain fluide et lumineux.
Depuis 2026, le MuséoParc Alésia est labellisé « Architecture Remarquable ».

Un musée signé Bernard Tschumi,
Bernard Tschumi est l’une des figures majeures de l’architecture contemporaine. Né en 1944 à Lausanne, il s’impose dès les années 1970 comme une voix singulière, à la croisée de l’architecture, de la philosophie et de la théorie urbaine. Ses écrits, notamment Architecture and Disjunction, influencent profondément la pensée architecturale de la fin du XXe siècle, bien avant que ses bâtiments ne parlent pour lui.
Après avoir dirigé la prestigieuse école d’architecture de Columbia University à New York pendant près de seize ans, il fonde son agence et développe une œuvre bâtie aussi exigeante que sa pensée théorique. On lui doit notamment le Parc de la Villette à Paris, l’un des projets architecturaux les plus discutés de sa génération, le Lerner Hall de l’université Columbia, le New Acropolis Museum à Athènes ou encore plusieurs équipements culturels en Europe comme le Muséoparc Alésia.





ENTRETIEN AVEC BERNARD TSCHUMI
Quelle place accordez-vous à la réalisation du MuséoParc Alésia dans votre parcours architectural ?
B.T : Une très grande importance est donnée dans mon travail au rapport entre concept et contexte. Le site de la bataille d’Alésia a conservé beaucoup des caractéristiques qui en font son originalité : la plaine environnante et l’oppidum. Cette importance du contexte spécifique se retrouve dans beaucoup de mes travaux. On pourrait rapprocher le MuséoParc de mon projet réalisé à la même époque pour le Musée de l’Acropole à Athènes où le rapport avec le Parthénon et les ruines archéologiques est inséparable du concept choisi, issu du contexte à la fois culturel et paysager.


Pourriez-vous nous rappeler la symbolique que vous avez souhaité donner à cette forme-concept au milieu du site de la bataille ?
B.T : Au-delà du rapport entre concept et contexte, il y a le choix architectural de l’enveloppe circulaire. Toute l’histoire du site est liée à des circonvallations, des contrevallations et des encerclements en raison de la stratégie offensive des assiégeants et de la stratégie défensive des assiégés. Par ailleurs, la visite du bâtiment est une promenade architecturale en forme de boucle où l’entrée et la sortie se rejoignent après avoir traversé une variété d’expériences culturelles. Le MuséoParc est aussi une enveloppe circulaire qui filtre la lumière vers l’intérieur de l’espace muséographique.
L’Académie des beaux-arts a décerné le Grand Prix d’Architecture de l’Académie des beaux-arts (Prix Charles Abella) 2024 à Bernard Tschumi. Cette haute distinction salue l’exemplarité d’une trajectoire dans le domaine architectural.