HistoireAlésia, 52 avant J-C>>>

La fin d’un terrible été

Voilà plus de six ans que César se forge en Gaule la réputation d'un chef de guerre hors du commun. Cette année-là toutefois, en 52 av. J.-C., la situation est plus périlleuse que jamais : l'insurrection des peuples gaulois coalisés autour de Vercingétorix est quasi-généralisée.

Sa tentative de prise de Gergovie ayant échoué, César décide, durant l'été, de se replier. Son intention : gagner la Province romaine (sud de la Gaule) en empruntant les voies les plus sûres.

Après avoir refait ses forces entre la Loire et l'Yonne, l'armée du proconsul est attaquée par surprise, probablement au nord-ouest de la ville actuelle de Montbard.

La déroute des cavaliers gaulois

Mont-Auxois (oppidum d'Alésia) dans les années 1860, d'après l'Atlas de Napoléon IIIMont-Auxois (oppidum d'Alésia) dans les années 1860, d'après l'Atlas de Napoléon III

Vercingétorix mise sur l'habituelle supériorité de ses cavaliers, mais les Romains, grâce à l'apport de la cavalerie germanique, les mettent en déroute. C'est alors que le commandant en chef gaulois choisit d'installer ses troupes dans l'oppidum (haut lieu fortifié) d'Alésia.

A ses côtés, 80 000 hommes, selon César. Face à eux, dix à douze légions (au moins 40 à 45 000 hommes), plusieurs milliers d'auxiliaires et de redoutables cavaliers germains.

Des travaux colossaux

Le siège d'Alésia tel qu'il était imaginé au XVIe siècle.Le siège d'Alésia tel qu'il était imaginé au XVIe siècle.

César entreprend aussitôt de faire le siège de cette place forte des Mandubiens, les Gaulois de l'actuel pays d'Auxois, en Bourgogne. Colossaux, les travaux vont s'étendre sur un vaste territoire comprenant cinq collines et une plaine longue de plusieurs kilomètres.

Deux lignes fortifiées, assorties d'une trentaine de camps, sont peu à peu construites. L'une, de 15 km, tournée vers l'oppidum (la contrevallation), est destinée à empêcher les assiégés de sortir. L'autre, de 21 km, orientée vers l'extérieur (la circonvallation), a pour but d'arrêter les troupes gauloises susceptibles de venir à leur secours. En avant de chacune des lignes, le général romain implante un dispositif de pièges très élaboré.

Premier échec

Reconstitution d’une partie des fortifications romaines d’après les travaux de l’archéologue M. Reddé. Image de synthèse réalisée en 2003.Reconstitution d’une partie des fortifications romaines d’après les travaux de l’archéologue M. Reddé. Image de synthèse réalisée en 2003.

Les Gaulois ne se contentent évidemment pas d'observer les Romains. Mais la première sortie de leurs cavaliers se soldant par une défaite, Vercingétorix décide de les envoyer chercher des renforts.

Les jours passent. Les fortifications romaines se développent à vue d'œil. Les assiégés sont tiraillés par la faim. Que faire ? Se rendre ? Tenter une nouvelle sortie ? L'un d'eux, Critognatos, propose de faire " servir à la prolongation de leurs existences " les " bouches inutiles ", écrit César dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules. " Après discussion, on décide que ceux qui, malades ou trop âgés, ne peuvent rendre des services, sortiront de la ville et qu'on tentera tout avant d'en venir au parti de Critognatos ".

Les Romains rejettent les expulsés. Errant entre les lignes ennemies, ils meurent de faim ou sont massacrés.

 

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L'arrivée des secours

Cette représentation théâtrale de Vercingétorix se rendant à César – très éloignée d’une réalité plus prosaïque – a été abondamment diffusée. Peinture de Lionel Royer, 1889.Cette représentation théâtrale de Vercingétorix se rendant à César – très éloignée d’une réalité plus prosaïque – a été abondamment diffusée. Peinture de Lionel Royer, 1889.

Enfin les secours arrivent. Une armée gigantesque : 240 000 fantassins et 8 000 cavaliers, d'après César.

Nouveau combat de cavalerie, nouvelle victoire des Romains. Une journée s'écoule. Au milieu de la nuit suivante, assiégés et troupes de secours prennent avec ardeur les lignes romaines entre deux feux. En vain.

" Repoussés par deux fois avec de grandes pertes ", les Gaulois mobilisent, dans une troisième tentative, toutes leurs forces contre les points faibles ennemis. " On se bat partout à la fois, on s'attaque à tous les ouvrages ", rapporte l'auteur des Commentaires. Des heures durant, l'issue de cet ultime combat est incertaine. Mais, une fois de plus, la fortune sourit à César.

La reddition de Vercingétorix

Alliée à l'expérience, à la discipline, à la résistance de ses troupes et à son exceptionnelle maîtrise de l'art du siège, elle lui assure l'avantage : les Gaulois de l'armée de secours s'enfuient, Vercingétorix se rend.

Décisif, le siège d'Alésia aura duré, probablement, entre un mois et demi et trois mois. Mais la conquête des Gaules n'est pas tout à fait terminée : en 51 av. J-C, Bituriges, Carnutes, Bellovaques, Cadurques, entre autres, donneront encore du fil à retordre aux Romains avant que leur victoire ne devienne définitive.

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