Histoire Alésia, sainte Reine>>>

Une martyre

Le nom actuel du village accroché au flanc sud du Mont-Auxois, Alise-Sainte-Reine, associe au nom d’Alésia celui de sa martyre : Reine. Selon la légende, Reine, jeune chrétienne d’Alésia, aurait été martyrisée au IIIe siècle par le général romain Olibrius qu’elle n’avait pas voulu épouser. Le culte de sainte Reine est attesté dès la fin du IVe ou le début du Ve siècle par un service votif christianisé découvert en fouillant un puits sur le Mont-Auxois en 1909. La pièce principale est un plat orné d’un poisson et gravé de plusieurs graffites au nom de REGINA ainsi que d’un chrisme.

La tragédie de Sainte Reine
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Des miracles

Ce service a été trouvé à proximité des vestiges d'une église très ancienne qui s'est développée sur les ruines d'un quartier de la ville gallo-romaine à partir du Ve ou du VIe siècle. Elle était au centre d'un cimetière du type nécropole ad sanctos (auprès du corps des saints). Elle a certainement abrité les reliques de sainte Reine jusqu'à leur transfert en 866 dans l'abbaye voisine de Flavigny-sur-Ozerain.

Des textes de l'époque carolingienne racontent des miracles qui se sont produits auprès du tombeau de la sainte, d'abord sur le Mont-Auxois, puis à Flavigny.



Qui était en réalité sainte Reine ?

La " Vie de sainte Reine " est antérieure à 866. Elle semble avoir été rédigée par un moine de Flavigny en se contentant d'appliquer à la martyre locale la vie - déjà sans grande valeur - de sainte Marguerite d'Antioche. De la véritable sainte Reine nous ne savons donc rien, sauf l'exceptionnelle ancienneté de son culte sur le Mont-Auxois attestée par l'archéologie.

Á partir du XIIIe siècle, cette martyre appartient sans conteste à un ensemble de saints majeurs reconnus dans toute la chrétienté, puis elle devient progressivement thérapeute.



Des pèlerins par milliers

Aile droite et entrée de l'hôpital d'Alise Sainte Reine


Nous n'avons pas de documentation sur son culte au Moyen-Âge, mais les témoignages sont abondants à partir du XVIe siècle. Depuis cette époque il s'adressa moins aux reliques, toujours conservées à Flavigny, qu'à une source qui jaillit dans le village, en contrebas de l'actuel musée.

Le rayonnement de sainte Reine s'est étendu fort loin, même hors de France. Les pèlerins sont venus par milliers à Alise pour demander à la sainte la guérison de leurs maux. Au XVIIe siècle, des moines capucins établirent un couvent à côté de la source, puis un hospice fut créé par des personnes charitables pour les pèlerins pauvres.

Á l'occasion de la fête de sainte Reine, chaque 7 septembre, une procession apportait ses reliques depuis Flavigny et on jouait une pièce inspirée de la " Vie " apocryphe de la sainte.



Procession et mystère



La plus belle période de ce pèlerinage a été la seconde moitié du XVIIe siècle. De grands personnages se rendent alors à Alise : Mlle de Scudéry, la princesse de Conti, le roi Casimir V de Pologne. Le pèlerinage tend à se transformer en cure thermale.

Aujourd'hui, le pèlerinage n'est plus pratiqué selon les coutumes anciennes que par des adeptes de la " Petite Église ", c'est-à-dire les descendants des catholiques qui ont refusé le concordat en 1801.

Le couvent des capucins n'a pas survécu à la Révolution. L'hospice est devenu " l'hôpital Sainte Reyne ". Mais la fête de sainte Reine demeure la fête d'Alise. Les habitants du village continuent participer à la procession et à jouer la " Tragédie de sainte Reine ", un mystère dont ils connaissent par chœur depuis leur enfance le texte actuel qui date de 1878.



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