Avant la bataille

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Une agglomération d’oppidum 

Naturellement défendu par les falaises qui l'entourent et pourvu de nombreuses sources, le Mont-Auxois a été propice à l'occupation humaine dès la fin de la Préhistoire. La colline est par ailleurs située sur un axe commercial stratégique qui relie la Manche à la Méditérannée.

Au sommet du Mont-Auxois, se trouvait un oppidum (place forte située sur un lieu élevé) de 97 hectares - l'un des plus vastes de Gaule -, occupé de manière permanente au moins depuis 80 avant J.-C. Il était le chef-lieu de la cité des Mandubiens, un petit peuple client de la grande cité voisine des Éduens (capitale : Bibracte).

Les découvertes archéologiques relatives à cette période, encore modestes, sont incontestables.

Vidéo LSF - MuséoParc Alésia - Alésia un peu d'histoire

Vidéo LSF - Alésia, un peu d'histoire


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Remparts, habitats, sanctuaires, artisanat 

Les aménagements défensifs, caractéristiques des oppidums, étaient limités et discontinus sur le Mont-Auxois car les falaises protégaient l’essentiel du plateau. Seules les brèches ouvertes par l'érosion dans la corniche calcaire ont été obstruées en élevant des murs en pierres sèches et la pointe ouest a été renforcée. En revanche, des systèmes d'entrée fortifiés ont été aménagés selon la technique du murus gallicus à l'est et au sud-ouest du plateau.

Les habitats gaulois étaient construits en matériaux légers : poteaux porteurs et charpente en bois, murs en pisé sur clayonnage, couverture en chaume, sol en terre battue. Leurs vestiges sont donc rares et ténus car ces matériaux laissent peu de traces.

L'ensemble du tissu urbain était structuré par des axes de circulation.
Il est certain qu'un habitat groupé était implanté au centre de l'oppidum, autour d’un sanctuaire. À proximité, vers le nord, un enclos palissadé est l'indice d'un autre espace important, probablement un sanctuaire. Cet espace est toujours occupé à l'époque gallo-romaine et dédié au dieu indigène Ucuetis. Un autre sanctuaire existait vraisemblablement à l'extrémité orientale du plateau, mais à l'intérieur du système défensif. Il était lié à une source et dédié à un autre dieu gaulois, Moritasgus. Côté artisanat, notons que la métallurgie du bronze et du fer semble avoir tenu une place prépondérante dans l'économie de l'oppidum.
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Le quartier d’En Curiot 

La découverte la plus spectaculaire de ces dernières années (1994) à Alésia concerne le murus gallicus du lieu-dit En Curiot, près de l'accès actuel à la statue de Vercingétorix. Les fouilles ont permis de retrouver une section non négligeable de ce rempart qui défendait une dépression. Cette construction associée à la configuration du terrain, permettent de supposer la présence de la porte occidentale de l'oppidum dans ce secteur.
A l’arrière du rempart, cinq maisons étaient disposées en éventail autour d'un petit espace vide. Cet habitat a pu être daté d'avant le siège de 52 avant J.-C. grâce aux foyers ainsi qu'à un mobilier homogène très abondant : céramique gauloise et campanienne, amphores vinaires italiques, fibules... Les fragments d'armes en fer (pointe de flèche, éléments de fourreaux d'épées et de boucliers) trouvés dans le même secteur donnent également à penser que ce quartier de l'oppidum a été densément occupé durant le siège.

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Qu’est-ce qu’un murus gallicus ? 

Porte du Rebout à Bibracte
Dans ses Commentaires, César décrit avec précision le mode de construction des remparts du type “mur gaulois” (De Bello Gallico, VII, 23). Le noyau est composé d'une levée de terre que retient une trame régulière de poutres disposées perpendiculairement les unes aux autres et assujetties par de longues fiches en fer forgé. La face extérieure reçoit un parement en pierres sèches qui laisse apparaître de place en place la tête des poutres disposées perpendiculairement à l'axe de la fortification.