

Pour en savoir plus...A Alise-Sainte-Reine, en BourgogneDepuis le milieu du XIXe siècle, la localisation du site du siège d'Alésia a mobilisé bien des énergies. Pour la communauté scientifique, l'affaire est aujourd'hui entendue : "Autant l'on pouvait admettre que des doutes fussent émis avant les fouilles décidées par Napoléon III, autant les résultats de celles-ci les ont fait disparaître. A ceux qui n'auraient pas été convaincus, faute d'avoir lu les relations de l'époque, les récentes campagnes, menées par des équipes franco-allemandes (de 1991 à 1997), ont apporté toutes les preuves possibles. Alésia, c'est bien Alise-Sainte-Reine ; l'oppidum des Mandubiens, c'est le Mont-Auxois." Christian Goudineau, professeur au Collège de France, in Regard sur la Gaulle, Actes Sud, collection Babel, 2007, p. 296.
Le faisceau d'indicesDe quelles preuves disposons-nous pour l'affirmer ? Citons Michel Reddé, directeur d'études à l'École pratique des Hautes Études, responsable des récentes campagnes de fouilles : " Aucun des arguments avancés pour démontrer qu'Alise est bien le lieu qui vit s'affronter César et Vercingétorix n'apporte, à lui seul, une preuve suffisante. (...) En revanche, le faisceau d'indices, la mise en série des arguments, leur complémentarité, constituent un phénomène tout à fait impressionnant, extrêmement rare en archéologie. (...) On dispose de beaucoup plus d'indices pour dire qu'Alise est Alésia qu'on en a pour localiser Troie ou Mycènes de façon absolue, et pourtant il n'y a point là de querelle ! " Alésia - L'archéologie face à l'imaginaire, Editions Errance, 2003, p. 201-202. Pour en savoir plus...L'inscription in Alisiia
Le nom gaulois de l’oppidum était Alisiia. Il est attesté par une inscription du milieu du Ier siècle après J.-C. et plusieurs tessères. Ces documents indiquent que le nom indigène a survécu tout au long de l’époque gallo-romaine, au moins localement. L'inscription "in Alisiia", en langue gauloise, a été trouvée en 1839 sur le Mont-Auxois. Il s'agit de la dédicace d'un bâtiment situé au nord du forum de la ville gallo-romaine. Les tessères des Alisienses
Il existait en Gaule romaine des jetons en plomb, présentant la forme de monnaies, appelés "tessères". Ils portaient en général l'image d'une divinité au droit et le nom d'un peuple, le plus souvent abrégé, au revers. Huit tessères frappées au nom des Alisienses, les habitants d’Alisiia aux IIe et IIIe siècles, ont été découvertes à Alise-Sainte-Reine. Leur légende (ALI ou ALISIENS) confirme le nom des habitants, et par conséquent celui de l'agglomération. Le témoignage de Pline l'Ancien
D’impressionnantes quantités de fragments de moules de bronziers ont été découvertes dans les fouilles de la ville gallo-romaine. Une part importante se rapportait à la production en série d’éléments de harnachements civils et militaires en bronze argenté évoquée par Pline l’Ancien (mort en 79) dans son Histoire naturelle : “ Selon une invention gauloise, le plomb blanc est appliqué à chaud sur des objets en bronze, de telle sorte qu’on peut difficilement distinguer cela de l’argent (...) ; dans l’oppidum d’Alésia, on s’est mis plus tard à appliquer également de l’argent à chaud par un procédé analogue, surtout pour les harnais des chevaux, des bêtes de somme et des attelages. ” Pline ne précise pas où se trouve Alésia alors qu’il le fait pour d’autres villes, parfois très importantes. Á l’évidence il a jugé la mention inutile parce que sa référence s’imposait à ses contemporains : il s’agissait de l’Alésia des Commentaires de César. La tradition médiévale
Depuis le Haut Moyen-Age, comme le souligne Michel Reddé (voir la bibliographie), c'est à Alise-Sainte-Reine que les érudits, les humanistes de la Renaissance, puis tous les Antiquaires - ceux qui s'intéressaient aux Antiquités - ont placé Alésia. Ceci en vertu de la toponymie, mais aussi en se fondant sur une très ancienne tradition, et sur certains vestiges restés longtemps visibles. Composée vers 480, la Vie de saint Germain, évêque d'Auxerre de 418 à 448, évoque son séjour à Alésia (in alesiensi loco). C'est la première mention (conservée) par une source locale de la forme latine classique Alesia au sujet du Mont-Auxois. Pour en savoir plus...Un centre religieux Depuis le XIXe siècle, les fouilles et la photographie aérienne ont révélé les vestiges de neuf sanctuaires sur le Mont-Auxois. Tous ont fait l’objet d’aménagements importants à l’époque gallo-romaine. Toutefois, pour trois d’entre eux au moins l’archéologie a prouvé une origine qui remonte à la fin de la période gauloise.
Les travaux romainsLes fouilles archéologiques, notamment celles du Second Empire et celles des années 1990, ainsi que les milliers de photographies aériennes prises par René Goguey, ont révélé les traces, autour du Mont-Auxois, d'un dispositif d'encerclement semblable à celui que décrit César dans ses Commentaires. Il est composé d'une ligne interne d'investissement (la contrevallation), d'une ligne extérieure de défense (la circonvallation) et d'une série de camps installés sur les hauteurs. La signature romaine de ces dizaines de kilomètres de fortifications ne fait aucun doute. Pour une présentation détaillée, se reporter à l'ouvrage de Michel Reddé Alésia. L'archéologie face à l'imaginaire. Pour en savoir plus sur l'apport de l'archéologie aérienne, vous pouvez visionner ici "Alésia, vu du ciel. L'oeil de René Goguey" de Philippe Fontenoy : Pour en savoir plus...Des centaines de monnaiesLes monnaies trouvées sur le site alisien constituent un indice significatif : 149 monnaies romaines émises entre 211 et 54 av. J.-C. ; 731 monnaies gauloises ayant appartenu aux Arvernes, aux Séquanes, aux Eduens, aux Senons, aux Bituriges, aux Nerviens, aux Atuatuques, aux Atrébates, aux Trévires... Des monnaies au nom de Vercingétorix
Les deux seules monnaies au nom de Vercingétorix trouvées à l’extérieur du territoire arverne l'ont été lors des fouilles de Napoléon III à Alésia. Elles sont très originales puisqu'elles présentent la particularité d'être en bronze mais ont été frappées avec des coins qui ont servi pour le monnayage d’or. Au cours d'un siège, l’or venant à manquer, ou afin de limiter sa sortie, on payait les troupes avec des monnaies de même valeur frappées dans un métal vil. Cette découverte prouve que le site d'Alise a connu une période de crise de type siège à l’époque où Vercingétorix était à la tête de la coalition gauloise. Ajoutons que la présence du matériel destiné à la frappe suppose celle du commandant en chef gaulois. Pour en savoir plus...Un fantastique arsenalLe matériel militaire découvert à Alise constitue le plus important arsenal d'armes celtiques et romaines jamais trouvé pour l'époque romaine. Les fragments réunis concernent, au total, plusieurs centaines de casques, boucliers, épées, glaives ou poignards, armes de jet, flèches, traits de catapulte, balles de frondes, boulets... S'y ajoutent d'autres types de matériel militaire tels qu'un fragment de tente de légionnaire en cuir et des centaines de clous de sandales romaines. Deux balles de fronde portent ll'inscription T. LABI. Elles permettent d'identifier le camp de Titus Labienus, le principal lieutenant de César. Des umbos de boucliers germains
Le centre des boucliers était renforcé par un élément métallique saillant : l’umbo. Deux umbos en fer appartenant à des types très rares en Gaule, où ils ne sont attestés qu’à proximité du sillon rhénan, Attribués à la panoplie des combattants d’origine germanique, ils doivent être mis en rapport avec les troupes auxiliaires germaines qui ont participé au siège d’Alésia aux côtés de l’armée romaine. Pour en savoir plus...Des chevaux gaulois et romains
L’étude archéozoologique des restes osseux de chevaux découverts sur le site d’Alise-Sainte-Reine prouve la présence simultanée et en grand nombre de chevaux de cavalerie romains et gaulois, et peut-être germains. |
